NOTRE PROJET
Notre projet ambitieux vise à raviver l’épopée inoubliable vécue par nos aînés lors de la libération de la France en 1944 et 1945. La 2e DB a été la première division française engagée dans cette bataille cruciale, ils ont écrit une page héroïque de notre histoire. À leur tête, le charismatique général Philippe Leclerc, une figure emblématique dont le leadership a joué un rôle central dans ces moments décisifs.
NOVEMBRE 1944 – 2026
Nous voulons plonger les participants dans l’atmosphère et les réalités de cette période, afin de restituer, avec respect et exigence, ce qu’ont vécu les hommes et les femmes engagés dans la Libération. À travers le convoi, les véhicules historiques, les étapes mémorielles et la rigueur de la reconstitution, nous mettons en lumière le courage, la détermination et le prix humain de ces combats, pour honorer la mémoire de nos anciens et transmettre cette page d’Histoire aux générations futures.
Par des reconstitutions soigneusement préparées, des témoignages, des rencontres et des temps commémoratifs, nous cherchons à faire comprendre l’esprit de la 2e Division Blindée : une volonté, une cohésion, une discipline, un élan.
Notre ambition est que cette expérience soit bien plus qu’un événement : une immersion qui marque, qui élève, et qui fait résonner l’héritage de la Libération dans le cœur et l’esprit de chacun.
COLONNE LECLERC 2026
Dans son bureau de Fort-Lamy, à l’abri des solitudes immenses du Sahara, celui qui était alors le Colonel Leclerc pouvait vivoter tranquillement.
Il avait rallié le Cameroun, il avait un beau Commandement, pourquoi ne se serait-il pas imprégné de l’esprit de la ligne Maginot ?
La guerre, n’est-ce pas attendre que les autres fassent quelque chose ?
Si LECLERC et ses soldats s’étaient dit cela, ils n’auraient pas été des Français Libres.
Mais parce qu’ils ont voulu, eux, combattre et vaincre, la France envahie a pu en dépit de tout apporter une contribution éclatante à la bataille d’Afrique.
En Erythrée, en Ethiopie, en Libye, elle avait lutté, au Fezzan elle a conquis.
Enfants de France, rêvez d’être un jour des LECLERC, apprenez ce que vaut une libre volonté française.
Charles de GAULLE.
« Soldats, que l’âme de nos anciens veille sur vous. Soyez dignes de votre glorieuse histoire. Soyez dignes de la France »
Général Leclerc
85e anniversaire
Ce projet est dédié aux anciens de la 2e Division Blindée, à l’occasion du 85ᵉ anniversaire du Serment de Koufra, prononcé en 1941 par le Colonel Leclerc alors et ses hommes.
Un serment fondateur, par lequel ils jurèrent de ne déposer les armes que lorsque les couleurs françaises flotteraient de nouveau sur la cathédrale de Strasbourg.
Il appartient aux Français eux-mêmes de faire vivre et transmettre cette promesse, de faire vibrer la flamme de l’Histoire, et de rappeler que la Liberté est le fruit d’une volonté, d’un engagement et d’un sacrifice assumés.
Pour eux, pour ceux qui comme eux se battent pour nous, pour nos enfants…
N’oublions jamais !
Brin D’HISTOIRE
2eme division blindée Française
ANGLETERRE 1944
Le 3 juillet, sous un ciel bas distillant une pluie fine et pénétrante ( « it’s very nice weather, isn’t it ? » ) une nouvelle prise d’armes rassemble la totalité de la division.
Le général Koenig remet à chaque régiment, chaque bataillon, chaque groupe d’artillerie un drapeau ou un étendard à son chiffre.
- C’est une Consécration, dit le lieutenant Guigon.
- Non, c’est une résurrection, réplique le lieutenant Briot de la Crochais, du 12e Cuirs, « Dauphin-Cavalerie », l’un des plus anciens régiments de France.
L’ultime drapeau vient d’être remis.
Le général Leclerc s’avance.
Dans sa main, un petit écusson doré et bleu, brillant faiblement.
- Voici l’insigne de la division choisi par vous, dit-il. Il est à l’image de la France, marquée de la Croix de Lorraine. Chacun d’entre vous en recevra un exemplaire, numéroté. Je réserve le numéro 1 pour le capitaine Divry qui nous a déjà précédé, parachuté sur le sol de la Patrie. Je m’attribue le numéro 2. Prenez soin du vôtre. Portez-Ie toujours…
Une France timbrée de la Croix de Lorraine…
Leclerc a attendu l’Angleterre et l’approche des combats pour concrétiser ainsi l’union, enfin réalisée ; désormais, quels que soient son origine, son passé, ses convictions, chaque soldat, chaque gradé sait qu’il est membre à part entière, sans aucune restriction, d’une même famille. D’un clan !
Sud de l’Angleterre, le commandant Farret a réuni quelques offiicier du 1/RMT
RETOUR SUR LA TERRE DE FRANCE
JMO 2DB : 1 au 5-08 Débarquement et regroupement de la division dans la zone de La Haye-du-Puits.
Lundi 31 juillet.
A midi, nous jetons l’ancre en face d’une plage que nous apprendrons être celle de St-Martin-de-Vareville. Nous devrons rester toute la journée à l’ancre en attendant la marée favorable, nous échouant vers 19 heures. Si le 1er escadron du 1er RMSM est le premier à débarquer vers 22 heures le 31 juillet, les 2e, 4e, et 5e escadrons ne toucheront terre que le 4 août. De nombreux navires attendent leur tour, puis le 3 août la mer houleuse retarde le transbordement des véhicules. Au 3eme RMT, l’EM et la CA 3 ont pris place dans le LST 509 avec le 1er escadron de chars légers des spahis. Les débarquements sur la plage de Utah-Beach s’échelonneront du 1er au 5 août.
Mardi 1er août.
Divisé en deux convois (1 à roues, 1 à chenille), le détachement se rend au “Transit Area B”, à quelques centaines de mètres de Foucarville où il arrive vers 2 heures 30, rejoint vers 6 heures par le détachement de la CHR. Les véhicules sont au camp de triage d’où ils se dirigeront vers le nouveau bivouac. Le regroupement effectué, les unités se dirigent en convoi vers la zone de stationnement, formant un long défilé ininterrompu de véhicules distants les uns des autres de 25 mètres. Les chars, les blindés, les jeeps, les camions traversent Sainte-Mère-Église, Pont-L’Abbé, Saint-Sauveur-le-Vicomte, la Haye-du-Puits, au milieu de ruines.
Le campement se situe à quelques centaines de mètres du village de Vesly, 5 kilomètres N.E. environ du bourg de Lessay où l’on se battait encore il y a 8 jours. Le bivouac est dans le bocage épais; l’E.M. est sous les pommiers, il fait un temps radieux.
Mercredi 3 août.
On fourbit les armes, les chars, les vêtements.
Jeudi 4 août.
Les Américains sont à Rennes. Nos SCR-193 nous tiennent au courant des combats.
Vendredi 5 août.
Le Régiment reçoit l’ordre de se tenir prêt à faire mouvement sans préavis. Le bruit court que les Allemands ont déclenché une contre-attaque de Mortain vers Avranches.
Véhicules du 12ème régiment de chasseurs d’Afrique au nord de Mobecq-Vesly.
LA 2EME DIVISION BLINDée,
entre dans la bataille
Août 1944 – Des plages de Normandie à Écouché
À partir du 9 août, la 2e DB accélère sa progression vers l’Est et le Nord, franchit la Sarthe, contourne Le Mans, et se porte vers Alençon. L’objectif est clair : couper les voies de repli ennemies, saisir les points clés, maintenir la pression sans laisser le temps à l’adversaire de se réorganiser. Les combats se durcissent dans le bocage normand. Les unités avancent dans un terrain difficile, propice aux embuscades, où chaque haie peut dissimuler un canon antichar. Malgré cela, la division poursuit son mouvement offensif, portée par la vitesse, la coordination interarmes et une volonté farouche d’aller de l’avant.
« La gloire est éphémère, seule la mémoire demeure. »
Général Leclerc
Près du Pont-Neuf, le général Leclerc conculte la carte pour procéder à la suite des opérations
Août 1944 – Des plages de Normandie à Écouché
Le 12 et 13 août 1944, la bataille atteint son paroxysme autour d’Écouché. Les combats y sont violents et coûteux. Des équipages tombent, des véhicules sont détruits, mais la progression ne s’arrête pas. À Écouché, la 2e DB s’impose, ouvre la route et contribue directement à la manœuvre d’encerclement qui mènera à l’effondrement des forces allemandes en Normandie. Cette séquence fondatrice marque l’entrée réelle de la division dans la campagne de France : une division en mouvement, éprouvée, mais déjà fidèle à sa devise non écrite: aller vite, frapper juste, ne jamais renoncer.
LA RUÉE VERS PARIS
Août 1944 – Août 1944 – La décision, la reconnaissance, la course
À l’issue de la bataille de Normandie et de l’anéantissement de la 7ᵉ Armée allemande dans la poche de Falaise, la 2e Division Blindée est brusquement projetée vers l’est.
Paris s’embrase. Depuis le 19 août, la capitale est en insurrection. Les Forces Françaises de l’Intérieur combattent à découvert, souvent sans armes lourdes, face à un ennemi encore puissant. Le temps devient un facteur décisif.
Le Philippe Leclerc de Hauteclocque, conscient de l’enjeu politique, militaire et symbolique, obtient l’autorisation de marcher sur Paris.
Dès le 21 août, avant même l’ordre définitif, il jette en avant un détachement précurseur, confié au colonel de Guillebon : mission de reconnaître les accès, de prendre le contact, de renseigner sans se laisser fixer, et de mesurer la résistance ennemie aux portes de la région parisienne.
Le général Leclerc en banlieue parisienne
Cette reconnaissance offensive, parfois menée « par le feu », permet d’identifier les points durs allemands autour de Rambouillet, Trappes, Longjumeau, Massy et la vallée de l’Yvette, mais aussi de s’appuyer sur un maillage exceptionnel de résistants locaux, dont les renseignements s’avèrent déterminants.
Dans la nuit du 22 au 23 août, la décision tombe : mouvement immédiat sur Paris!
La division s’élance pour une chevauchée de plus de 200 kilomètres, réalisée en une seule traite par endroits, une performance logistique et mécanique exceptionnelle pour une unité blindée de cette taille.
L’effort principal est confié au groupement tactique du colonel Louis Dio puis au groupement Billotte, chargé de l’axe sud par la Nationale 20.
De Limours à Arpajon, de Longjumeau à Chilly-Mazarin, de Wissous à Antony, les combats se succèdent : embuscades, canons de 88, poches de résistance tenaces. La progression est lente, parfois coûteuse, mais jamais arrêtée.
Partout, les FFI combattent, guident, renseignent, tiennent les carrefours, désignent les positions ennemies. Dans les bourgs et les faubourgs, la population acclame les blindés français, tandis que les derniers éléments allemands refluent ou tentent de se retrancher.
Le 23 août au soir, Leclerc installe son poste de commandement à Rambouillet.
La manœuvre finale est arrêtée : deux colonnes convergeront vers Paris, depuis le sud et le sud-ouest. La route est ouverte. Paris est désormais à portée de chars.
LA LIBÉRATION DE PARIS
Dans la soirée du 24 août 1944, alors que la capitale combat depuis cinq jours, Philippe Leclerc de Hauteclocque prend une décision audacieuse : entrer dans Paris sans attendre le gros de la division. Il confie cette mission au capitaine Raymond Dronne, à la tête de la 9ᵉ compagnie du Régiment de Marche du Tchad, composée en grande partie de volontaires espagnols, la légendaire « Nueve ». Peu avant 21 h 30, les half-tracks et blindés légers débouchent par la porte d’Italie, traversent une ville encore sous le feu, et atteignent l’Hôtel de Ville.Paris voit entrer ses premiers soldats réguliers français depuis 1940. Le signal est clair : la France est de retour dans sa capitale. À l’aube du 25 août, la 2e Division Blindée pénètre massivement dans Paris par plusieurs axes. Les combats sont violents et confus : nids de mitrailleuses, canons antichars, points d’appui improvisés. Les unités progressent au milieu des civils, souvent au contact immédiat des Forces Françaises de l’Intérieur, qui combattent depuis l’intérieur de la ville.Dans l’après-midi, le général Leclerc reçoit la reddition du gouverneur militaire allemand, le général von Choltitz. Paris est libérée.
Le général Leclerc et le colonne de Guilebon
Le 26 août 1944, la France entière retient son souffle. Leclerc et le général Charles de Gaulle descendent les Champs-Élysées, au milieu d’une foule immense, encore sous la menace de tirs isolés. Ce défilé n’est pas une célébration ordinaire : c’est un acte de souveraineté, l’affirmation visible que la République est restaurée par ses propres forces. Après ces journées d’une intensité extrême, la division est enfin mise au repos. Les unités cantonnent dans Paris et sa proche banlieue. On répare les blindés, on soigne les blessés, on enterre les morts. La fatigue est immense, mais la conscience d’avoir fait son devoir est présente. Ce répit est bref. Très vite, l’ordre tombe :la guerre n’est pas terminée. L’ennemi reflue vers l’Est. La 2e Division Blindée reçoit une nouvelle mission : reprendre la marche, franchir la Lorraine, libérer l’Alsace, et porter les armes françaises jusqu’au Rhin. La route s’ouvre de nouveau…Cap à l’Est!
SEPTEMBRE 1944
VITESSE, PÉNURIE ET AUDACE
Le 8 septembre 1944, à peine remise des combats de Paris, la 2e Division Blindée reçoit l’ordre de reprendre immédiatement la route, cette fois plein Est. Elle réintègre la IIIᵉ Armée américaine du général George S. Patton, au sein du XVᵉ Corps, avec une mission exigeante : couvrir le flanc sud du corps d’armée, protéger la manœuvre alliée et devancer l’ennemi en retraite vers la Moselle.La division s’élance par Provins, Nogent-sur-Seine, Bar-sur-Aube, étirée sur des dizaines de kilomètres. En tête progresse le GTL, précédé d’une avant-garde légère de reconnaissance. Derrière suivent le GTV et le GTD, chargés à la fois de couvrir, de protéger et de contenir toute tentative de contre-attaque allemande venant du sud.
Deux contraintes majeures pèsent alors sur la manœuvre. D’une part, l’ennemi, qui cherche à se replier en bon ordre pour reformer une ligne de défense à l’Est, en s’appuyant sur des points solides comme Langres, Chaumont, Neufchâteau ou Vittel. D’autre part, la pénurie de carburant, conséquence directe de l’allongement des lignes logistiques alliées et des priorités données à l’offensive vers le Nord. Chaque kilomètre parcouru devient un pari. Malgré cela, la division avance vite. Très vite. Le 11 septembre, la Marne est franchie. Les résistances ennemies sont débordées plutôt qu’affrontées de front, selon un principe cher au général Philippe Leclerc de Hauteclocque : aller loin, frapper juste, ne pas se laisser fixer. Les groupements tactiques s’infiltrent, contournent, désorganisent. Les 11 et 12 septembre, la progression s’accélère brutalement. Bourmont, Contrexéville, puis Vittel sont atteints et libérés.
À Vittel, la division délivre des milliers d’internés alliés, scène forte et inattendue après quatre années d’occupation. Mais déjà, les reconnaissances signalent un changement de nature du combat.
À l’est de Vittel, dans la vallée de la Gitte, les avant-gardes françaises entrent en contact avec des chars allemands de taille, des Panthers, appartenant à des unités blindées fraîches envoyées en renfort depuis l’Est. La retraite ennemie se transforme en volonté de blocage. Le 12 septembre au soir, les groupements tactiques français s’installent sur les hauteurs dominant Dompaire et Damas, face à un adversaire blindé puissant. La ruée est terminée. Un choc majeur se prépare.
DOMPAIRE – LE CHOC
BLINDÉ DÉCISIF
Le 13 septembre 1944, dans la vallée encaissée de la Gitte, la 2e Division Blindée affronte l’un des adversaires les plus redoutables rencontrés depuis le débarquement : une brigade blindée allemande fraîchement engagée, équipée de chars Panther, moderne, puissante et déterminée à stopper l’avance alliée vers la Moselle.L’ennemi n’est plus en fuite.Il contre-attaque.La 112ᵉ Panzer Brigade, récemment constituée, reçoit pour mission de barrer la route d’Épinal et de couper l’élan français. Elle s’installe dans le quadrilatère Dompaire – Damas – Ville-sur-Illon – Begnécourt, profitant des crêtes, des bois et des villages pour masquer ses mouvements.Face à elle, le GTL de la 2e DB, commandé par le colonel Paul Langlade, articulé autour des sous-groupements Massu et Minjonnet, prend contact dès le 12 septembre au soir. Les reconnaissances confirment rapidement la gravité de la situation : chars lourds allemands, manœuvrants, nombreux.Le 13 septembre au matin, le combat s’engage pleinement.Les Panthers allemands tentent de manœuvrer dans la vallée pour frapper les groupements français isolément. Mais la manœuvre allemande se heurte à la souplesse tactique française, à l’expérience acquise en Afrique, en Normandie et à Paris, et surtout à une coordination efficace entre chars, infanterie, artillerie et aviation alliée.Les chars français évitent l’affrontement frontal prolongé. Ils fixent, contournent, attirent, tandis que l’aviation tactique alliée intervient massivement. Les blindés allemands, concentrés dans un espace restreint, deviennent des cibles idéales.La bataille tourne rapidement à l’avantage de la 2e DB.En quelques heures, la 112ᵉ Panzer Brigade est disloquée. Les Panthers sont détruits les uns après les autres, abandonnés, incendiés ou neutralisés. L’ennemi, surpris par la vitesse et la violence de la riposte française, perd toute cohérence.
À Dompaire, la 2e DB remporte l’une des plus grandes victoires blindées françaises de la Seconde Guerre mondiale.Une brigade allemande moderne est anéantie, mettant fin à toute tentative sérieuse de contre-offensive dans ce secteur.Cette victoire ouvre la route de la Moselle, sécurise le flanc sud de la progression alliée et démontre, s’il en était encore besoin, que la division du général Philippe Leclerc de Hauteclocque est devenue une force de manœuvre majeure, capable d’affronter et de vaincre les meilleures unités blindées allemandes.Dompaire n’est pas seulement une victoire tactique.C’est un tournant.La route de l’Est est désormais ouverte.
CHÂTEL – NOMEXY
LE FRANCHISSEMENT DE LA MOSELLE
15 septembre 1944 — Une tête de pont précaire
Le 15 septembre, le sous-groupement La Horie reçoit mission d’établir une tête de pont sur la Moselle et de s’emparer de Châtel et Nomexy. La rivière est franchie à gué, dans des conditions difficiles, par les premiers éléments :3e et 9e compagnies du RMT,3e escadron du RMSM,rejoints dans la nuit par la 10e compagnie du RMT et une section du génie. Le PC du sous-groupement est établi à Nomexy. Les chars de commandement, une section de 105 mm, ainsi que des éléments d’infanterie, s’installent sur une tête de pont étroite, fragile, exposée.
16–17 septembre — Contre-attaque allemande
Dans la soirée du 16, puis dans la nuit, les forces allemandes contre-attaquent violemment. La 111e Panzer-Brigade, appuyée par des Panthers, engage le combat dans le secteur de Châtel. Les affrontements sont durs et confus, souvent nocturnes. La tête de pont tient, infligeant de lourdes pertes à l’ennemi, plusieurs chars détruits et endommagés, mais le prix est élevé. Le régiment enregistre de nouvelles pertes sévères, notamment au sein de la 3e compagnie. Estimant la position trop exposée et inutile à ce stade pour la couverture du flanc sud du XVe Corps américain, Leclerc ordonne le repli de la tête de pont dans la nuit du 16 au 17 septembre.
18–19 septembre — Franchissement en force
Le 18 septembre, le général Leclerc prescrit un franchissement en force, cette fois avec l’ensemble des moyens du GTV, appuyé par le GTD. Le passage est à nouveau fixé sur l’axe Nomexy–Châtel. Dès la soirée du 18 et durant toute la nuit, les sapeurs du 13e Bataillon du Génie entrent en action. Trois coupures successives doivent être franchies :le canal latéral, le canal de décharge, la Moselle elle-même. Les ponts sont construits sous le feu, sans éclairage, à quelques centaines de mètres de l’ennemi. Les Brockway manœuvrent de nuit, les flotteurs sont gonflés, les lourds platelages assemblés à la main. Les pertes sont réelles. Les remplacements immédiats. À l’aube du 19 septembre, les premiers blindés franchissent la Moselle.
19–20 septembre — Élargir la tête de pont
Toute la journée du 19, puis le 20, les groupements tactiques élargissent la tête de pont au prix de combats violents pour la prise de Vaxoncourt, Pallegney, Moriville, Zincourt et Hadigny. La liaison est établie au nord avec la 79e division d’infanterie américaine, qui a franchi la Moselle à Charmes.
Pont établi sur la moselle par les sapeurs de Leclerc
Le GTD, lancé sans attendre, pousse jusqu’à la Mortagne, qu’il force en plusieurs points avant d’atteindre la Meurthe par reconnaissance. Pendant ce temps, le génie continue de consolider les passages, colmatant les bouchons, réparant sous le feu, maintenant ouverts des axes vitaux pour la division.
Le rôle des sapeurs de Leclerc
Le passage de la Moselle constitue l’un des moments les plus délicats de la campagne. Jusqu’au milieu de la journée du 19, la tête de pont manque de profondeur et reste vulnérable à l’artillerie ennemie. Le général Leclerc reste longuement sur la berge, observant le passage de ses colonnes. Dans ces instants critiques, sa présence est remarquée et ressentie par les hommes. Sans le travail du 13e Bataillon du Génie, aucune progression n’aurait été possible. La Moselle franchie, la division peut reprendre sa marche vers l’est.
Passage à gué d’éléments de la 2e DB
MÉNIL-FLIN
LE FRANCHISSEMENT DE LA MEURTHE
14–17 septembre 1944 — Un secteur instable
À partir du 14 septembre, le secteur de Flin–Ménil-Flin se trouve dans une situation confuse et dangereuse. Les ponts sur la Meurthe sont détruits, les reconnaissances alliées se succèdent sans occupation durable, laissant la zone dans un no man’s land incertain. La population croit un instant à la libération, avant de comprendre que le front n’est pas encore passé. Les FFI assurent la liaison, observent, renseignent, mais l’ennemi reste présent à proximité immédiate.
18 septembre 1944 — Représailles allemandes
Le 18 septembre au matin, une importante colonne allemande venue de Baccarat traverse le secteur. Les forces ennemies procèdent à des intimidations, à des rafles ponctuelles, puis déclenchent l’incendie méthodique de Flin. Le village est livré aux flammes. Lorsque les éléments de la 2e DB y parviendront, ils ne trouveront que ruines encore fumantes, témoignage brutal du passage ennemi. Le pont sur la Meurthe a été détruit. Les rives sont battues par les armes automatiques ennemies, les lisières de la forêt de Chèvremont occupées. Les reconnaissances confirment que l’ennemi tient solidement la rive EST et observe toute tentative de passage.
21 septembre — Reconnaissances et repérage du gué
Les reconnaissances menées par le GTD, appuyées par des éléments FFI locaux, permettent d’identifier un gué en aval du pont détruit, seul point de franchissement possible. Le terrain est découvert, l’eau haute, le courant fort. Le passage ne pourra se faire qu’à pied, sans garantie de soutien immédiat par les blindés.
22 septembre — Passage à gué sous le feu
Le 22 septembre, le Régiment de Marche du Tchad engage le franchissement. Les marsouins traversent à gué, eau jusqu’à la poitrine, armes et munitions portées hors d’eau. Dès la sortie de la rivière, ils sont pris à partie par les feux ennemis venant de la lisière boisée. Les premiers éléments parviennent à s’accrocher sur la rive EST, mais : les chars ne peuvent suivre, les half-tracks, chargés des sacs, couvertures et effets secs, restent bloqués sur la rive OUEST, aucun passage lourd n’est encore possible.
La nuit du 22 au 23 septembre — Tenir, trempés
Les marsouins du RMT passent la nuit au sol, dans les fossé trempés, avec uniquement de la paille comme équipement de bivouac, face aux positions allemandes dans la forêt. Le froid, l’humidité et la fatigue s’ajoutent à la tension permanente. Des tirs intermittents maintiennent la pression toute la nuit. La tête de pont est fragile, incomplète, mais tenue.
À l’aube, les éléments du RMT tiennent toujours la rive nord de la Meurthe. Les positions sont sommaires, les hommes éprouvés par le froid et l’humidité, mais la tête de pont n’a pas cédé. Face à eux, dans la forêt, l’ennemi reste présent, actif, multipliant tirs de harcèlement et reconnaissances prudentes.La situation demeure fragile.Toute la journée, les patrouilles se succèdent. Les liaisons sont recherchées, les itinéraires reconnus, les points de passage étudiés. Le génie prépare discrètement la suite, pendant que l’infanterie couvre.
Les hommes de Leclerc au repos à la ferme de Mervaville
FORÊT DE MONDON
La tranchée leclerc
Préparer l’offensive – le travail du génie24 – 30 octobre 1944
Après les combats de Flin et la stabilisation du front sur la Meurthe, la 2e DB marque un temps d’arrêt. L’ennemi tient solidement la Vor-Vogesen-Stellung, appuyée sur le bastion de Baccarat. La forêt de Mondon devient une zone de regroupement et de préparation. À couvert des vues ennemies, les groupements tactiques s’organisent. Les hommes vivent sous les arbres, dans la boue et le froid d’un automne lorrain éprouvant. Le rôle des sapeurs est une fois de plus décisif. Le 13e Bataillon du Génie reçoit la mission d’ouvrir des itinéraires praticables à travers le massif, capables de supporter le passage des blindés.
Dans des conditions difficiles, les sapeurs tracent ce qui sera bientôt surnommé la « tranchée Leclerc », un axe forestier élargi et renforcé, creusé et aménagé à la main. Pour empierer les sols détrempés, ils utilisent les gravats récupérés dans les ruines de Flin et Rehaincourt, villages détruit quelques semaines plus tôt. Pierres, briques et décombres sont chargés, acheminés et répandus sous les roues et les chenilles. Ainsi, les vestiges des villages martyrs servent à ouvrir la route de la Libération. Les travaux sont menés sans éclairage, souvent de nuit, afin de préserver la discrétion et la surprise. Les cheminements sont reconnus, balisés, consolidés, pendant que l’infanterie assure la protection rapprochée. Une manœuvre préparée dans l’ombre.
Trois axes principaux sont ainsi aménagés à travers la forêt, permettant un débouché simultané des groupements tactiques. La forêt de Mondon devient une arme silencieuse. C’est là que Leclerc ajuste son plan, règle les tempos et prépare le choc à venir. Lorsque les blindés surgiront des lisières, au matin du 31 octobre 1944, le succès de l’opération reposera autant sur la manœuvre que sur ce travail patient, invisible, accompli par les sapeurs dans la boue et le froid.
BACCART – LE MENUET
30 octobre 1944 — Mise en place
Le gros de la division gagne la rive droite de la Meurthe, puis, dans la nuit, se tasse aux lisières de la forêt de Mondon, masqué par le brouillard. Les itinéraires forestiers, préparés pour préserver la surprise, permettent le déploiement sans révéler trop tôt l’axe d’effort.
31 octobre 1944 — Déclenchement
À 08h30, l’attaque s’ouvre sur des feux puissants de l’artillerie divisionnaire du colonel Crépin, renforcée de moyens américains. Dans le même mouvement, les sous-groupements, guidés par les FFI, se déploient en éventail : prise des villages clés, nettoyage des points d’appui, et surtout surprise par un débouché inattendu. Le “menuet”, une manœuvre réglée…. La manœuvre est conçue comme un enchaînement de sous-groupements, à tempo, chacun dépendant du voisin : c’est cela qui vaudra le surnom de “menuet”. Et comme souvent, la précision n’empêche pas l’imprévu : dans la phase initiale, un élément (La Horie) s’engage sur un village pris pour un autre. La conséquence est presque ironique : le point fort destiné à Massu se trouve bousculé “par erreur”. Massu, derrière, goûte peu qu’on lui ait “volé son affaire”, mais l’essentiel est là : l’axe ennemi est désorganisé, et la manœuvre repart dans son rythme. Pendant ce temps, Minjonnet et Massu élargissent l’emprise sur le terrain entre les coupures, prennent les passages et consolident la progression : le menuet n’est pas un saut, c’est une prise de contrôle graduelle des ponts, routes et lisières.
Rouvillois entre dans Baccarat, Marcelle Cuny en tête.
Le commandant Rouvillois pousse sur Baccarat avec, à bord de son half-track, la FFI Marcelle Cuny comme guide. Elle évite les zones piégées, fait gagner du temps, et oriente la colonne vers un itinéraire d’entrée moins attendu. Cette présence n’est pas symbolique : elle est opérationnelle, “au contact”, dans le véhicule de tête. La prise de la ville et du pont sur la meurthe est rapide : les “gars de Leclerc” s’assurent de la ville et surtout du pont sur la Meurthe, objectif décisif (sans pont, pas de tenue, pas de suite). Le succès est net, mais il y a des pertes :Lieutenant Paul Bâtiment (RMT), Compagnon de la Libération, 1re classe Pierre Dufreghou (12e Cuirassiers), Charles Simon et Henri Rollin (2e classe), RMT / 397e DCR.
Après-coup, succès local, frustration du chef
Baccarat est pris, la manœuvre est tenue “proprement”, presque trop, mais le général Leclerc n’est pas pleinement satisfait. Il voit ce que cette rupture aurait pu permettre si une infanterie avait été poussée derrière pour exploiter. Au lieu de cela, on lui demande un coup limité : il le prépare, frappe fort, puis enrage de voir l’effet rester local.
Point d’appui
Dans la suite immédiate, Baccarat devient une base : la caserne sert de PC à Leclerc du 4 au 18 novembre. La division se regroupe, consolide, et prépare la reprise du mouvement.
Badonviller – La rupture decisive
À la fin octobre 1944, Badonviller vit sous la menace permanente. Les témoignages civils évoquent les tirs d’artillerie autour d’Ancerviller, les mitrailleuses, les obus tombant sur les quartiers, les vitres qui éclatent, les familles réfugiées dans les caves. Le 3 novembre, un tir de barrage d’une violence exceptionnelle s’abat sur le centre-ville : plusieurs centaines d’obus en quelques minutes. L’électricité est coupée, les premières victimes civiles tombent. La ville vit dans l’attente.
Sur le plan militaire, la situation est complexe.À partir du 13 novembre 1944, le XVe Corps américain déclenche son offensive dans un terrain détrempé, sous la neige. Entre deux forêts, le groupement Morel-Deville manœuvre avec audace, prend Montreux, Parux, menace Neuviller, et fixe l’ennemi. Cette pression progressive ébranle le dispositif allemand autour de Badonviller, pièce maîtresse de leur ligne de défense dans le secteur.
17 novembre 1944 – La charge
C’est le sous-groupement La Horie qui reçoit la mission d’entrer dans Badonviller. À l’aube, profitant du brouillard, un détachement composé de chars du 501e RCC, d’éléments du RMT, du génie et de half-tracks progresse vers la ville. Le char de tête est un Sherman bien connu dans la division : USKUB. À la lisière de la forêt, un canon de 88 mm protège l’entrée de Badonviller. USKUB s’arrête, observe, puis repart lentement. Lorsque les deux mires s’alignent, il tire :le 88 est détruit en un coup au but. Quelques minutes plus tard, le détachement pénètre dans la ville. Un second antichar est neutralisé. Les marsouins débarquent, les combats sont brefs mais nerveux. La surprise est totale. Six chars et une douzaine de half-tracks atteignent la grande place, poussent jusqu’aux sorties de la ville, désorganisent les tentatives de résistance et font près de 300 prisonniers allemands. Plusieurs pièces antichars sont capturées sans avoir tiré. Cette action fulgurante brise une manœuvre allemande en préparation. Un bataillon de chasseurs de montagne était en route pour renforcer Badonviller ; une contre-attaque devait déboucher de Neuviller. La charge de La Horie devance tout, coupe l’ennemi en deux, et provoque l’effondrement du dispositif. Badonviller est libre.
Une rupture stratégique
La prise de Badonviller n’est pas un succès local. Elle provoque une rupture opérative majeure : la division allemande adossée à la crête de la Chapelotte est coupée, privée de sa rocade, et contrainte à un repli désorganisé. Un colonel allemand, dont le poste de commandement est pris dans les dernières maisons de la ville, met fin à ses jours. Pour les Français, Badonviller devient une porte ouverte : une nouvelle route, non minée, apparaît derrière le dispositif ennemi. Mais cette route reste dangereuse, disputée, et les combats se poursuivent immédiatement autour de la ville.
LCL Jean Fanneau de la Horie donnant ses ordres
18 novembre 1944 – Le prix du sang
Le lendemain matin, alors que le lieutenant-colonel de La Horie vient de donner ses ordres à ses officiers, l’artillerie allemande déclenche un bombardement sur Badonviller. Un éclat d’obus le frappe mortellement. Le capitaine Mazières est tué à ses côtés. Le capitaine Branet est blessé. Des tireurs embusqués et des combats sporadiques continuent de faire des victimes. La ville est libérée, mais le combat n’est pas terminé. La victoire a un prix.
Char Sherman « Mort Homme » du 501 e RCC
De Cirey à la montagne – Le GT Langlade « lâché »
Massu à droite, Minjonnet à gauche
Dimanche 19 novembre 1944 – Cirey-sur-Vezouze. Après Badonviller et les combats de Bréménil, l’ennemi décroche. Les spahis du RMSM entrent dans Cirey au matin, rejoints dans l’après-midi par les Sherman du 501e RCC. Le colonel Debray prend le commandement du sous-groupement, en remplacement du colonel de La Horie, tombé la veille. Dans la journée, on entend le canon vers le massif vosgien : les combats restent brefs, mais violents. Leclerc, lui, est sur place. Malgré les tirs, il vient constater la situation tactique et impose son idée fixe : arracher la décision avant que l’ennemi ne se rétablisse. Le passage doit être immédiat : de la rupture à l’exploitation. C’est là qu’il engage le GT Langlade, structuré en deux sous-groupements complémentaires : Massu, sur l’axe est (à droite) : l’infiltration et la percée, Minjonnet, sur l’axe ouest (à gauche) : la fixation, l’élargissement et la sécurisation du mouvement
Lafrimbolle : le verrou saute
Dans la nuit du 19 au 20, les reconnaissances et infiltrations se multiplient. Côté Minjonnet, des reconnaissances profondes empêchent un détachement allemand de filer vers le nord et de couvrir à temps les carrefours clés. Côté Massu, l’obstacle ne peut pas être abordé de front : il faut monter une attaque en règle. Après une préparation d’artillerie, les fantassins du Tchad traitent les Jäger au corps à corps. À 9h30, la route est ouverte. Et immédiatement, c’est l’exploitation : il faut prendre l’ennemi de vitesse, minute par minute, avant que sa retraite ne se transforme en repli organisé.
Rethal puis Dabo : la route “impossible”
La progression se fait sur des routes étroites, en lacets, bordées de ravins, dans des forêts continues. Les itinéraires sont réputés infranchissables pour des blindés lourds, c’est précisément pour cela que Leclerc les choisit. Le carnet du capitaine Branet dit tout : la colonne grimpe, les chars peinent, et « il suffirait d’un rien pour couper la route ». Mais l’audace paie. Partout, les traces de la surprise infligée à l’ennemi :cadavres d’hommes et de chevaux, canons, camions éventrés, convois hippomobiles abandonnés. Massu a fait “du bon travail”, note Branet, et Rouvillois, plus au nord, provoque le même désordre.
SAVERNE (BAS-RHIN)
La tenaille se referme, la trouée est ouverte
Le 22 novembre, autour de Saverne, la manœuvre de Leclerc prend la forme d’une tenaille parfaitement coordonnée. Le GT Langlade (GTL) pousse ses sous-groupements pendant que, plus au nord, le sous-groupement Rouvillois (GTD) débouche par La Petite-Pierre : Saverne va être contournée, puis saisie d’un seul élan.
Massu arrive par l’est : crêtes, ponts intacts, ville nettoyée
Après Reinhardsmunster, Massu progresse sous les yeux du général Leclerc venu observer la manœuvre. Malgré les abattis et les détours imposés, à 12 h 40 un carrefour à 3 km à l’est de Saverne est occupé. Son détachement de Vandières se place ensuite en embuscade pour interdire l’axe vers Strasbourg : une colonne de voitures légères, “tous phares allumés”, débouche… et se rend sans résistance. C’est un état-major complet qui tombe dans la nasse.
À 13 h 30, les crêtes dominant Saverne à l’est sont tenues. Massu obtient la liaison radio avec Rouvillois : les mâchoires se referment. Autorisé à entrer, Massu nettoie Saverne : une batterie de 20 mm quadruples est capturée intacte, la ville est pratiquement sécurisée à 15 h 15. Les ponts sur le canal de la Marne au Rhin sont pris intacts, près de 800 prisonniers sont faits, et les archives de l’état-major allemand sont saisies dans des fourgons attelés stoppés devant la Kommandantur. À 16 h, le colonel de Langlade entre dans Saverne libérée, accueilli par une population en liesse.
Rouvillois débouche du nord : jonction et verrouillage de l’est de Saverne
Depuis La Petite-Pierre, Rouvillois reprend tôt sa progression. Après des pièces de 88 et des résistances localisées, ses détachements manœuvrent, prennent des ponts intacts sur le canal, et finissent par rejoindre les éléments de Massu : la jonction est faite, Saverne est complètement contournée par l’est, et l’encerclement devient réalité.
Phalsbourg résiste encore : l’enjeu vital de la RN4
Pendant ce temps, Phalsbourg tient bon : le sous-groupement Quilichini y est fixé. Cette résistance explique l’urgence : la 2e DB ne dispose alors que d’un “fin cordon ombilical” (route de Dabo, et accessoirement La Petite-Pierre) pour se ravitailler. Dégager l’axe Phalsbourg–Saverne est vital pour la suite : carburant, munitions, et arrivée des unités américaines derrière la division.
Une journée-charnière
Le 22, Saverne n’est pas seulement une libération : c’est la porte logistique et tactique qui permet, dès le lendemain, de basculer dans la phase suivante : la charge vers Strasbourg.
STRASBOURG
SERMENT DE KOUFRA TENU
23–26 novembre 1944 — Le serment de Koufra est tenu
La manœuvre sur Strasbourg n’est pas l’action d’un seul détachement, mais l’engagement coordonné de l’ensemble de la 2e Division Blindée, conformément au plan voulu par le général Leclerc : multiplier les axes, saturer les défenses ennemies, entrer sans laisser à l’adversaire le temps de se ressaisir.
Au centre du dispositif progresse le Groupement Tactique Langlade (GTL), avec ses deux sous-groupements principaux, Massu et Minjonnet, chargés de pénétrer par l’ouest et de fixer les défenses de la ceinture de forts. Mais devant Strasbourg, les forts tiennent.
Massu se heurte notamment à de fortes positions retranchées (secteur du fort Foch), qui ralentissent la progression.
C’est alors que la manœuvre imaginée par Leclerc révèle toute sa puissance. Pendant que le GTL fixe l’ennemi de face, le sous-groupement Rouvillois du GTD, engagé plus au nord, déborde la ville par Brumath, Schiltigheim et Vendenheim, franchit les derniers obstacles avant destruction des ponts et s’engouffre dans Strasbourg à vive allure.
23 novembre — “Tissu est dans iode” : Strasbourg est prise d’élan
Sous une pluie froide, Rouvillois lance son détachement de tête : objectif Brumath d’un premier bond, puis Vendenheim avant que les ponts sautent. La colonne traverse Hochfelden, Schwindratzheim, Mommenheim en trombe ; mines, bazookas, antichars : la ruée ne ralentit pas. À Vendenheim, les ponts minés sont trouvés intacts ; les mises à feu sont coupées. Puis vient la ceinture des forts : la résistance se disloque, et la colonne file sur Schiltigheim et les faubourgs.
À la radio, le cri tombe : « Tissu est dans iode », pas besoin de déchiffrer : Rouvillois est dans Strasbourg et fonce sur le Rhin. Dans la ville, le fracas de la charge balaye les hésitations : tramways abandonnés, rues figées, Allemands surpris en plein départ. Et déjà, symbole fulgurant : le drapeau français flotte sur la flèche de la cathédrale, hissé par le spahi Lebrun.
Kehl : l’extrémité de la charge
Rouvillois atteint le port, franchit des ponts d’écluses, force le Petit Rhin : il n’est plus qu’à quelques centaines de mètres de Kehl. Mais là, la garnison allemande se ressaisit : poste de mitrailleuses sur le pont, mortiers, artillerie, blockhaus garnis. La surprise ne suffit plus : on n’entrera pas en Allemagne par ruse, il faut tenir, lutter, s’accrocher aux têtes de pont. Dans cette pointe extrême, la division paie un deuil : le Père Houchet, aumônier de la 2e DB, est mortellement touché en ramenant son chauffeur blessé sous le feu, une perte immense pour les hommes.
23–24 novembre — tenir Strasbourg, réduire les poches, empêcher la destruction
Strasbourg est libérée, mais pas encore “nettoyée” : il faut réduire les défenses, capturer les milliers d’Allemands cachés, sécuriser forts et points d’appui. La logique de Leclerc reste la même : aller vite, empêcher l’ennemi de se reconstituer, tenir l’initiative.
25 novembre — la reddition du gouverneur : Fort Ney cède
Le Fort Ney, siège du gouverneur allemand, subit un violent déferlement d’obus. Le général Vaterrodt finit par se rendre : la prise de Strasbourg devient irréversible, la ville respire.
26 novembre — Strasbourg reprend vie : Leclerc en prise d’armes
Le lendemain, Strasbourg se relève. Leclerc passe en prise d’armes, avec Rouvillois à ses côtés. Et le geste est politique autant que militaire : la place Karl-Roos est rebaptisée et retrouve le nom de Kléber, enfant de la ville.
Le sens de ces quatre jours
Depuis Koufra (mars 1941), Strasbourg est l’obsession et le Serment est tenu. La manœuvre “impossible” des Vosges, puis la charge multi-axes, ont surpris l’ennemi, l’ont empêché de détruire la ville, et ont permis ce moment rare : un drapeau français sur la cathédrale, au bout d’une ruée de blindés, sous la pluie, vers le Rhin..
Les femmes dans l’armée française
Dans cette reconstitution historique de 1944, nous souhaitons souligner l’égalité entre hommes et femmes tout en honorant le rôle crucial des femmes de l’armée française.
En respectant les réalités de 1944, nous rendons hommage à leur dévouement sans pour autant restreindre votre participation. Cette démarche vise à créer une expérience inclusive où chacun, indépendamment du genre, peut vivre et apprécier cette période cruciale de l’histoire. Rejoignez-nous pour une reconstitution authentique, où l’égalité et la commémoration vont de pair.
Les ambulancières aussi ont eu des pertes
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