Ressources pédagogiques : corpus documentaire,  Collège/Lycée, Colonne Leclerc 2026

Tornow François pour la colonne Leclerc 2026

Ces ressources ne visent pas à donner une séquence « clé en main » pour les niveaux collège et lycée, mais à fournir un corpus documentaire pour compléter une séquence en l’orientant vers l’histoire de la France Libre, et plus particulièrement de la 2eme Division Blindée et du général Leclerc, dans le cadre des programmes, fin de préserver une certaine liberté pédagogique, mais aussi de ne pas être trop chronophage. Ainsi, un grand nombre de documents est ici proposé aux enseignants afin qu’ils puissent y choisir les plus pertinents pour intégrer l’histoire de la 2e DB à leur séquence sur le deuxième conflit mondial.

 Les documents proposés peuvent s’intégrer dans :

– En classe de 3ème : thème 3- « La Seconde Guerre mondiale, une guerre d’anéantissement (1939- 1945) »

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En Terminale Générale : Chapitre 3 du premier thème d’Histoire de Terminale Générale, « La Seconde Guerre mondiale »

CHAPITRE 3 :
La seconde guerre mondiale

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-En Terminale technologique : Thème 1- « Totalitarisme et Seconde Guerre mondiale » et plus particulièrement dans le cadre sur sujet d’étude « De Gaulle et la France libre. »

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Les éléments de ce dossier ne visent pas à se substituer au cours de l’enseignant, mais à fournir des documents permettent de l’adosser à l’histoire de la 2eme Division Blindé comme un fil directeur pour la séquence. Ainsi, nous allons pouvoir utiliser l’exemple de la 2eme DB, et particulièrement du général Leclerc, pour aborder plusieurs thématiques : 

Un conflit mondial, des protagonistes, les phases de la guerre et les différents théâtres d’opération.

La France dans la guerre : occupation, collaboration, régime de Vichy, Résistance.

Le contexte de la 2eme Division Blindée et du général Leclerc ouvrant aussi des portes vers les points de passage et d’ouverture suivant en classe de Terminale générale : 

Juin 1940 en France : continuer ou arrêter la guerre

-De Gaulle et la France libre

En plus de développer des connaissances historiques, l’histoire de la 2ème Division Blindée permet de mettre en lumières certaines valeurs républicaines et démocratiques comme les idées de Liberté et d’Egalité. Ainsi, au-delà de l’enseignement de l’histoire, l’approche de ce chapitre, en suivant le parcours de la 2eDB dans le cadre des commémorations de la libération de Strasbourg, et le parcours de la colonne Leclerc, va toucher des thématiques d’EMC comme le lien armée-nation, et permettre d’introduire la question de la mémoire en HGGSP.

Des ressources locales : 

En fonction de la zone géographique de l’établissement, nous pouvons imaginer des parcours en lien avec des visites, qui vont intégrer un parcours sur la mémoire, mais aussi les notions de défense.

Dans la zone de Strasbourg :  Il est possible de s’appuyer sur une visite du MMPARK de la Wantzenau. 

MM PARK FRANCE

Une visite chronologique du musée permet d’aborder l’histoire générale de la guerre :

-1939 et la Drôle de guerre salle 1 (Ouvrage Maginot)

-1940 La campagne de France : char B1bis

-L’annexion (Salle 3, uniforme allemand) l’occupation, même salle et la vedette du mur de l’Atlantique

-La guerre à l’Est (Salle 2 sur l’armée rouge)

-La Libération : char Américain, mais zoom sur le souffleur II, char de Jean Gabin dans la 2eme DB

Dans la région de Colmar : le musée de la Poche de Colmar à Turckheim

Musée Mémorial des Combats de la Poche de Colmar

Même si le musée est plus axé sur l’histoire de la Première Armée Française dans la Libération de Colmar, il possède plusieurs pièces sur la 2eme Division Blindée lors des combats autour de Jebsheim-Grussenheim.

Cette visite permet, encore une fois, d’aborder les questions de mémoires et de patrimoines, et permet aussi de réaliser une séance sur la Libération de l’Alsace.

Dans la région de Haguenau : le musée mémorial de Walbourg

2MCLADN – Musée Mémorial Walbourg 1870-1945

Il sera aussi sans doute possible de s’appuyer sur une étude du film : La bataille de Gaulle, qui sort en Juin 2026. Des exploitations pédagogiques du film sont proposé par plusieurs éditeurs de manuel scolaire : Nathan, Belin…

 

Corpus documentaire : 

La campagne de France : 

C’est avec l’étude de la Campagne de France que le parcours de Leclerc et de la 2e DB peuvent être abordé, pendant la défaite et juste après, celui qui est encore le capitaine de Hautecloque refuse de cesser le combat et prend la route de Londres. 

Le parcours du futur général Leclerc permet une première approche de la Résistance, à Londres, mais aussi en France dès 1940.

Nous proposons ici l’étude de deux documents par les élèves : une rapide biographie de Leclerc, et un récit de sa campagne de France : 

Biographie : 

Général Philippe LECLERC – Biographies | 2e DB – Général LECLERC – 2ème Division Blindée

Campagne de France :

En mai 1940, le capitaine de Hauteclocque est fait prisonnier après avoir participer à plusieurs combats pour stopper l’avance allemande.

« Le capitaine de Hauteclocque […].

Le lendemain, une camionnette emmène les prisonniers au quartier général où ils doivent attendre l’interrogatoire. Le sac contenant des documents saisis est bien en évidence dans un coin de la pièce. Trompant la surveillance des sentinelles, le capitaine de Hauteclocque réussit à retirer de ce sac la seule pièce qui établisse sa qualité d’officier, et à la détruire.

Quand le colonel allemand le fait comparaître, il peut prétendre qu’il est civil. Il a 38 ans, six enfants, et est réformé. Méprisant, le colonel allemand libère celui qui allait devenir un des plus redoutables adversaires de son pays.

Pendant quatre jours, ou plutôt pendant quatre nuits, l’évasion continue, et le 4 juin, à bout de forces il rejoint les troupes françaises qui se battent. Avant de lui donner une affectation, le général Frère lui prête une auto pour aller voir sa famille. […] ».

Après la reprise des combats, enfermé dans la poche de Lille et devant l’inévitable fin, le capitaine de Hauteclocque cherche à éviter la captivité et à rejoindre l’armée : 

« Dans un camion, le capitaine trouve une boule de pain, plus loin, une bicyclette, il traverse Lille et sort par la porte de Douai, en plein jour. Au bout de 20 kilomètres, il aperçoit des motorisés allemands ; la route n’est plus sûre, il abandonne le vélo dans le fossé et se cache dans un champ de seigle pour attendre la nuit […]. L’obscurité ne dure pas longtemps, de 22 h 30 à 4 heures, et en cinq heures et demie de marche, il faut aller le plus vite possible pour rattraper l’armée française en retraite. Deux fois pendant la première nuit, il se heurte au « Wer da ? » des sentinelles allemandes, mais il sera assez agile pour éviter la balle ou la capture. […]

Le 8 juin, il est affecté au 2e Groupement Cuirassé : loin d’être abattu par les premières défaites qu’il a vécues depuis un mois, il se conduit comme un héros et agit comme un chef.

Son général, qui fut fait prisonnier par la suite, le jugea ainsi dans un rapport rédigé en captivité, le 14 mai 1941 :

« Le capitaine de Hauteclocque va, du 10 juin au 15 juin 1940, donner la mesure de sa valeur dans des missions du champ de bataille où, à côté de sa modestie ou d’un courage forçant l’admiration, il va surtout s’affirmer en chef d’un grand caractère. J’ai très rarement rencontré un officier de cette envergure et aussi complet, et je suis sûr de servir l’intérêt de l’armée en demandant qu’on le suive et qu’on le pousse, car le capitaine de Hauteclocque a l’étoffe d’un grand chef. » […]

Le 15 juin, il est blessé à la tête et continue à se battre toute la journée, mais le soir, il est évacué sur l’hôpital d’Avallon où les Allemands arrivent le 16. Le 17 au matin, il s’évade de l’hôpital […].

Il est impossible de traverser la Loire, il remonte à Paris où il entend pour la première fois parler du général de Gaulle et de la France Libre.

Le 26, il se dirige vers la frontière espagnole. En Gironde, il retrouve sa femme, et dans cette ambiance tragique de juin 1940, ils tracent leur destin héroïque. Seule, elle assurera la charge des six enfants ; elle regagnera la Picardie, Tailly, la maison familiale, elle défendra le foyer. Seul, mais soutenu par le magnifique courage de sa famille, il prendra le chemin de l’exil, pour rejoindre la poignée de Français résolus à se battre, envers et contre tout »

 

D’après colonel de Guillebon « Leclerc le victorieux » pp. 27-28-29-30).

Ce texte permet de montrer la détermination de Leclerc à poursuivre le combat, et explique son ralliement rapide au général De Gaulle. Plus largement, il permet aussi de montrer que la déroute de 1940 n’est pas « une balade de santé » pour l’armée allemande : Les Français résistent et tentent à plusieurs reprises de redresser la situation.

Ce document permet aussi d’introduire d’autres questionnements sur la clandestinité, la résistance, les risques liés à la décision de rejoindre Londres. Cela permet aussi d’étudier le document suivant, comme un basculement du capitaine de Hautecloque vers Leclerc :

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© Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris – Musée Jean-Moulin, Paris-Musées. Coll. Leclerc

Le ralliement des colonies :

Pour ce point, il est possible de nous appuyer sur quelques témoignages. En particulier celui du Capitaine Drone : Lieutenant dans les colonies en 1940, il observe de loin les événements de métropole, et assiste à l’arrivée de Leclerc dans les colonies pour les rallier. Leclerc arrive discrètement, dans les colonies subsahariennes la situation est ambiguë : les troupes vichystes sont présentes, mais elles se heurtent à une forte résistance à l’armistice.

Leclerc, qui n’est alors que commandant est envoyé par De Gaulle rallier les colonies, qui deviennent un élément déterminant pour la poursuite de la lutte et la consolidation du pouvoir politique de De Gaulle. Il arrive à Douala en toute clandestinité avec seulement quelques hommes. Le commandant militaire de la colonie, le lieutenant-colonel Bureau qui n’a pas encore fait de choix entre Londres et Vichy.

 

« Le lieutenant Laigret prit Quilichini (envoyé de Leclerc) en charge et le conduisit chez Bureau. « Mais qui est donc ce colonel Leclerc que je ne connais pas ? » s’enquit-il aussitôt. Il se laissa persuader et accepta de descendre à Douala avec Quilichini.

Leclerc n’était que commandant. Sur les conseils pressants de ses compagnons, il avait ajouté un cinquième galon aux quatre qu’il portait. Il fallait qu’il puisse parler en supérieur avec le lieutenant-colonel qui commandait les Forces de Police du Cameroun. Selon la légende, Leclerc avait prélevé un galon sur sa manche gauche et l’avait ajouté à sa manche droite, toujours selon la légende, il garda son bras gauche derrière son dos pendant tout l’entretien. Bureau se rallia sans difficulté, il était acquis d’avance. Il gagna Londres. »

Dronne Raymond, Carnet de route d’un croisé de la France Libre, 1984

Il est ici important de montrer que le ralliement des colonies n’est pas anecdotique, mais au cœur d’une lutte de pouvoir entre Vichy et la France Libre. Pour De Gaulle, c’est une légitimation de sa position, mais c’est aussi un moyen de pouvoir continuer le combat, en mettant la main sur des hommes et du matériel.

Une victoire Emblématique,
le Serment de Koufra :

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Le texte du Serment, gravé sur la colonne Leclerc, Place Broglie, Strasbourg

Ressources vidéo :

Le cours peut aussi s’appuyer ici sur des ressources vidéo : 

Une vidéo du SGA du ministère des armées : elle permet de revenir sur l’engagement de Leclerc et de l’importance des colonies pour De Gaulle (0’-3’20), les difficultés de la guerre dans le dessert et le rôle de Koufra (3’20-5’45), et enfin de revenir sur la bataille et le symbole qu’elle devient (5’45- fin)

 

Il est aussi possible d’utiliser une autre vidéo pour revenir sur la batailler de Koufra plus « ludique ». Elle permet d’approcher d’autres questionnement : la mémoire ? Faire de l’Histoire ? La vulgarisation de l’Histoire… 

Pour rappel, La victoire de Koufra est importante à plusieurs titres : 

-Elle donne naissance au serment, qui guide l’action de Leclerc jusqu’en 1944. Elle devient le symbole de la France combattante.

-Elle permet à la France Libre de montrer ses capacités militaires et de regagner une place plus importante parmi ses alliés.

 

La création de la DB
en Afrique du Nord :

Avec ce rapide extrait des mémoires du capitaine Dronne, il est possible d’évoquer la création de la 2e D.B. Mais aussi d’autres évènements majeurs : La prise de l’Afrique du Nord par les Américains, la tentative pour écarter De Gaulle au profit du général Giraud, mais aussi le rôle crucial de la résistance intérieure.

Aout 1943, Tripoli 

« Les nouvelles autorités françaises qui s’étaient installées à Alger sous la protection anglo-américaine, américaine surtout, avaient tenu le général de Gaulle à l’écart. Enfin toléré à Alger, le général de Gaulle s’imposait. Les Alliés avaient été obligé d’admettre que la résistance intérieure française, qui s’affirmait et s’unissait, le reconnaissait comme seul chef. Et, comme le général Leclerc nous l’avait exposé avant la campagne de Tunisie, les succès remportés par les Forces Françaises Libres en Afrique avaient consolidé sont crédit.

Avec les vétérans du Tchad et de d’Egypte et avec les nouveaux engagés, deux divisions française libres, la 1ere D.F.L. et la 2e D.F.L., avaient été mise sur pied. Elles n’étaient encore que des embryons de division. La nôtre, la 2e, sous le commandement du général Leclerc, allait devenir une division blindée, la 2e D.B. Elle sera équipée de matériel américain. Notre exil s’achève, nous allons retourner en Afrique du Nord Française. »

Dronne Raymond, Carnet de route d’un croisé de la France Libre,

Le retour en France :

Après avoir gagné l’Angleterre, avoir perçu du nouveau matériel, la 2eDB ne participe pas au Débarquement du 6 juin 1944. Elle ne va regagner la France que le 1er août pour participer à la bataille de Normandie.

Il est possible de faire un point sur le retour de la 2eDB en métropole suite au point de passage sur le 6 juin 1944. (En Terminale Générale)

Pour cela, plusieurs documents sont disponibles sur le site du gouvernement : Chemin de mémoire.

Août 1944. La 2ème DB en Normandie | Chemins de mémoire

Il est aussi possible d’utiliser le film d’archives suivant : 

Vidéo de la 2e DB à Saint-Martin-de-Varreville en 1944

Il permet d’approcher plusieurs thématiques : 

-Par la vue du matériel, le film met en évidence la puissance industrielle américaine, décisive pour vaincre l’Allemagne Hitlérienne.

-Les hommes semblent heureux de débarquer, et à juste titre : certains n’ont pas vu la France depuis 1939, voire avant, d’autres n’ont même jamais vu la France : Africains, Républicains espagnols…etc. Cela permet d’aborder les questions d’égalité, de liberté, mais aussi de fraternité. Les hommes qui composent la 2e DB sont issus de plus d’une vingtaine de nationalités.

PARIS :

Il est possible de faire un point sur le retour de la 2eDB en métropole suite au point de passage sur le 6 juin 1944. (En Terminale Générale)

Pour cela, plusieurs documents sont disponibles sur le site du gouvernement : Chemin de mémoire.

Août 1944. La 2ème DB en Normandie | Chemins de mémoire

Il est aussi possible d’utiliser le film d’archives suivant : 

Vidéo de la 2e DB à Saint-Martin-de-Varreville en 1944

Il permet d’approcher plusieurs thématiques : 

-Par la vue du matériel, le film met en évidence la puissance industrielle américaine, décisive pour vaincre l’Allemagne Hitlérienne.

-Les hommes semblent heureux de débarquer, et à juste titre : certains n’ont pas vu la France depuis 1939, voire avant, d’autres n’ont même jamais vu la France : Africains, Républicains espagnols…etc. Cela permet d’aborder les questions d’égalité, de liberté, mais aussi de fraternité. Les hommes qui composent la 2e DB sont issus de plus d’une vingtaine de nationalités.

Raymond Dronne, alors capitaine, est à la tête de « la Nueve », la 9ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad, essentiellement composée de républicains espagnols qui ont fui le régime de Franco. Il est en pointe du dispositif français et le premier à entrer dans Paris le 24 août :

« Nous filons droit sur Paris […]. Nous ne savons pas grand-chose : seulement que les Américains ont contourné Paris en l’évitant. De la situation dans la capitale, nous ne connaissons que les nouvelles contradictoires des diverses radios : Paris s’est soulevé, Paris est libéré, il y a eu une trêve, la trêve est rompue, Paris est aux mains des Allemands. Nous roulons de toute la vitesse de nos roues et chenilles. […]

20h45 : nous arrivons à la porte d’Italie. Ma jeep bondit en tête.

Une foule dense s’agite sur la place. Quand notre colonne surgit, des cris fusent : « Les Boches ! Les Chleus ! » La foule se disperse et s’enfuit vers les rues de Paris, en face de nous. La place s’est subitement vidée.

D’autres cris éclatent : « Les Américains ! ce sont les Américains ! » La foule revient, submerge la place, nous entourne. Et, subitement, la nouvelle vole dans des cris immenses : « Les Français, ce sont les Français ! » C’est le délire. […]

Nous nous arrêtons devant l’Hôtel de Ville. Je regarde la grande horloge : il est exactement 21h22. Il fait encore jour, la nuit commence juste à tomber. Car Paris vit à l’heure allemande. […]

La bataille de Paris n’est pas finie. Le combat final n’a même pas commencé. Il est pour demain. L’Allemand est toujours là, il peut réagir […].

Très vite la foule revient, elle entoure les voitures, les engloutit, embrasse les gars, crie, jubile. Elle paralyse notre mise en place […] une Marseillaise formidable jaillit. Elle semble couvrir la ville.

Et très vite nous allons entendre un bruit de cloches […] bientôt toutes les cloches de Paris sonnent en même temps. » 

Dronne Raymond, carnet de route d’un croisé de la France libre

Dompaire :

Il est ici possible de confronter les élèves à la difficulté du travail de l’historien : des sources parfois peu précises, et difficiles à lire.

Etudier la bataille de Dompaire permet d’approcher la violence des combats et l’importance logistique, en char et matériel durant le conflit. Elle est aussi la bataille qui va ouvrir la route de Strasbourg pour la 2eDB, et le point de départ du projet de la Colonne Leclerc 2026.

Transcription : Prise de Dompaire Journal de Marche RMT

« Le 57 à la 3e section, en batterie sur la route très prêt de la batterie.

13/9
Bataille de Dompaire, Bon Bombardement d’Aviation – destruction par 57 de la 1ere feu.
La 3e de la 1re D.M. d’un 75 fait de montagne russe et 2 RI … A 12h.

1e se place sur crète au 9/0 du village en surveillance, retour mission de reconnaissance des lisières et fortement accrochée.

La 2e vient l’appuyer sur la route et permettre son dégagement
Les 81 de la CA sont également poussé derrière 1e, ordre de décrochage, 1 groupe de chars
et la 7e section sont amenés pour permettre le décrochage qui est terminé pour 15h. Cette action permet à la 5e Compagnie le débordement par l’Ouest et l’occupation des crêtes nord du patelin. 6 Elle nous coute 1e section Lieutenant Guigon, tué aussi que les sergents chefs Gollat et Rochereuil plus 4 hommes blessés : Sergent Marugili et 7 hommes.

-2e section 1 tué et 2 blessés (en dégageant et en allant ramener les blessés de la 1e)

Pendant cet épisode 1 panther est aveuglé par la 12.7 de la 1e

L’occupation du village suit. Installation défensive 3e et Ce à l’ouest (vieille ville) La 3e étant sur les crêtes nord. 2e sur la N66 face à l’ouest du PC. La 1e à l’entrée de Dompaire.

14.9 : Installation défensive la 3e s’étend sur les crètes nord, position et englobe celles de la 2e (+ 1 peloton de chars et 1 TD) la 1e s’installe à la gare. 2e à Madonne et Lameray face à l’est »

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Transcription : Prise de Dompaire, Journal de Marche du 12e cuirassiers

« 13 SEPTEMBRE 1944- Au lever du jour, le bivouac est bombardé par obus tirés probablement par des automoteurs dans la région de DOMPAIRE (2 tués- 2 blessés au 4ème Escadron). L’attaque du village est menée par la 6ème Cie (Cne LANGLOIS) appuyée par le 4ème Escadron. Le mouvement est entrepris à 0800. Le Cpt CRESPIN, Cdt la 2/40 RANA a mis la batterie en position de tir et installe son observatoire à la lisière du plateau, au-dessus de DAMAS près du G.C.6. Le 3ème Escadron enverra plus tard deux pelotons de part et d’autre de la route G.C.6. Afin de protéger de ses feux le reste du S/Groupement. Le Ier Escadron est de surveillance face à l’Est et au Sud-Est (en direction générale de GORBEY et ADONCOURT). A 9h30 le chef d’Escadrons MINJONNET, demande au G.T.L. les T.D. réservés pour tenir le carrefour G.C.38 et 26- Ce bouchon est mis en place à 9H50.

-L’attaque se heurte à une résistance à base d’armes automatiques.

Une cinquantaine de prisonniers sont faits. Une vingtaine de tués chez les Allemands. (4 chez nous dont le Lieutenant LARSEN de la 6/R.M.T.)

Pendant ce temps l’Air Support attaque violemment (2 vagues de 4 Thunderbolt) les chars qui défendent DOMPAIRE ainsi que deux chars qui tentent de s’infiltrer au Sud de DOMPAIRE.

9H30- Le Peloton DUFOUR (4e Esc) de la sortie Nord de DAMAS aperçoit deux « Panthers » qui montent les pentes Est du plateau ou est encore stationné le gros du S/Groupement. Il les détruit l’un après l’autre.

10H00- Le village est nettoyé. Recevons l’ordre du G.T.L de nous porter sur la N.66 et de la couper au trafic allemand.

10H30- Le Peloton de tête, avec une section d’Infanterie et les éclaireurs occupe le carrefour du G.C.6. Avec N.66 coupant ainsi la route DOMPAIRE-EPINAL.

10H55- 10 chars Allemands sont signalés entre DOMPAIRE et DAMAS. L’Air Support est immédiatement orienté sur les chars et pendant une demi-heure leurs attaques se succèdent sans arrêt. La plupart des chars sont détruits. Les autres essayent de se sauver, mais sont pris à partie en traversant DOMPAIRE, et finalement, tous brulent ? 3 d’entre eux ont « été détruits par le peloton GHEYSSON du 3eme Escadron venu en renfort du 4ème Escadron en cours de la matinée. Installation défensive dans le village et au carrefour G.C.6. Et N.66

11h40- Nous apprenons par le G.T.L. que la garnison allemande de CHAUMONT a demandé à se rendre.

11H45- Le G.T.L. fait connaître qu’il a fait installer des bouchons anti-char avec mines à IKM N, O de BEZRICOURT et au carrefour 2kms S de DOMPAIRE.

-La bataille dans DOMPAIRE s’apaise vers midi. Le chef de Bataillon Massu a pu occuper presque tout le village. LAMEREY est encore tenu par quelques chars allemands.

12H45- Message Flash du G.T.L. – VILLE S/ILLIN est attaqué par l’Escadron de chars allemands et I Cie d’Infanterie. Or le P.C.  Du G.T.L. y est installé et est à peu près démuni de tout élément. Le chef d’Escadrons MINJONNET détache immédiatement le Cpt de BORT et ; 3ème escadrons (moins un peloton). En même temps le Cpt CRESPIN fait tirer une section de sa batterie sur les issues Sud de VILLE S/ILLON.

Le 3qème escadron réussit à pénétrer dans le village et à prendre à partir le Ier char ennemi. Il en détruit 3. L’Air Support alerté, disperse le reste de l’EESC ; DE Chars (P3 W4) Plusieurs chars brulent.

Manquant d’infanterie, le 3ème escadron ne peut rester dans le village le soir, il se retire au N.E. et reste en surveillance. Les Allemands tenteront dans la soirée un retour offensif, bruleront 2 maisons, mais le village sera définitivement repris le 14 à 06.00 par le S/Groupement PUTZ. »

Il est ici possible de confronter les élèves à la difficulté du travail de l’historien : des sources parfois peu précises, et difficiles à lire.

Etudier la bataille de Dompaire permet d’approcher la violence des combats et l’importance logistique, en char et matériel durant le conflit. Elle est aussi la bataille qui va ouvrir la route de Strasbourg pour la 2eDB, et le point de départ du projet de la Colonne Leclerc 2026.

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Ressources vidéo :

Il est possible d’utiliser cet extrait de journal télévisé pour aborder simplement et rapidement la bataille de Dompaire.

Saverne :

Il est encore possible de confronter les élèves à des sources pour la prise de Saverne, à travers les Journaux de Marche et Opérations de différentes unités de la 2eDB :

Transcription : prise de Saverne journal de Marche du RMT

« 22/11 : Départ à 8h arrêt à Reinhardsmunster.

Départ 10h30 pour Saverne par St Gall- Halgen.

Prise de Saverne (parti Ouest) occupation du carrefour nord- Départ pour liaison avec américains à Phalsbourg.

Combat au carrefour est de 4 vents. 1 officier tué lieutenant Pier 7 hommes blessés- Bivouac au carrefour pour 1e et 2e section.

La 3e à la garde de l’échelon- Matériel capturé ou détruit : 3 canons de 88 DCA DCB- 2 canons de 88 DCB sur plateforme- 4 canons de 47 DCA DCB. 1 canon de 20 quadruplé- 3 canons de 20 simples- 15 véhicules lourds et légers 20 boches de tués. 31 prisonniers. Adjudant-chef Larchaud prend 3e section.

23/11 Prise du village de 4 vents à 8h liaison avec les Américains. Retour su Saverne à 13. 30 cantonnement.

24/11 : Départ à 11h pour Strasbourg par Dettwilers-Brumath-

Arrêt sur l’Hindenburg Strass débaptisé aussitôt

25/11 Déplacement sur quartier orangerie 1e et 2e gardent les 2 forets de l’orangerie

26/11 1e et 2e font patrouille de nettoyage dans la Robertsau et au nord rue Wantzenau RAS

27/11 Départ 16h sur Duppigheim par Entzheim- Cantonnement »

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Transcription Saverne-Strasbourg, Journal de Marche du 12e cuirassiers

22 NOVEMBRE 1944 (Suite)

Le sous-groupement MINJONNET a pour mission d’atteindre SAVERNE par l’Axe REINHARDSMUNSTER-HAGEN, de traverser la partie Ouest de la ville dans la nettoyer et d’attaquer au plus tôt le col.

Le nettoyage de SAVERNE est laissé aux soins de Sous-groupements MASSU qui doit attaquer la ville par l’Est.

Le Colonel de LANGLADE fait serrer sur leurs unités respectives, les détachements laissés en bouchon à RETHAL.

Le peloton du 3ème escadron laissé à ce dernier village rejoint le détachement d’ALANCON.

Le départ est retardé par les nombreux abattis que le sous-groupement trouve sur sa route.

Le détachement quitte REINHARDSMUNSTER à 11H50.

La progression est assez rapide en dépit des quelques abattis rencontrés.

HAEGEN est dépassé à 12.30 H.

13.35H- Le 3ème escadron aborde SAVERNE et traverse le canal sur le pont qui est intact. Nombreux prisonniers.

13.40H- Le sous-groupement MASSU signale qu’il tient le carrefour 3Kms Est de SAVERNE.

13.45H- Les éléments de tête (Peloton de Chars, pelotons d’éclaireurs) sortent de SAVERNE : les éclaireurs (aspirant ROSIER) tuent les servant d’un 88 D.C.A.-D.C.B. – la progression des éléments de tête commence vers le col. Nombreux abattis.

Pendant le déblaiement, les Unités dans SAVERNE ramassent 300 prisonniers au abords immédiats de notre axe.

13.27h- Le sous- groupement MASSU tient le village 3.500 Kms N.N.EST de SAVERNE.

14.10H- La progression du sous-groupement MINJONNET est commencée dans les lacets du col. Le G.T.L. donne l’ordre au Lt-Colonel MASSU de commencer le nettoyage de SAVERNE.

14.45H-Le Lt-Colonel MINJONNET demande de faire cesser le tir d’Artillerie. Amie sur le col.

16.00H- La tête a dépassé l’auberge du col de SAVERNE. Les éclaireurs arrivent au sommet, sur le palier qui précède le carrefour et la maison forestière. Ils décèlent deux mitrailleuses à 4 tubes qui constituent les défenses avancées du carrefour des quatre Vents.

Un feu violent de canon de tous calibre accueille les premiers éléments qui se montrent. Les chars de tête à défilement de tourelle répondent au feu. Le carrefour semble très solidement tenu. Le Capitaine de BORT fait approcher un T.D. à la crête. Feu très nourri de part et d’autre. Le Lt-Colonel MINJONNET demande le tir de la batterie d’artillerie. Mais la position de tir de celle-ci est trop éloignée les obus tombent sur nos éléments au contact.

Le Lt-Colonel MINJONNET décide de faire attaquer le carrefour par la 7/II/R.M.T. appuyée du feu d’un peloton de chars déployé. Les mortiers tirent également. Mais la nuit tombe (18 .30H.) Le Lt-Colonel décide de remettre l’attaque au lendemain matin et de faire rapprocher la batterie d’artillerie pendant la nuit. Le 3eme escadron et la 7ème Cie resteront sur place, les autres éléments dont les véhicules de la 7/II/R.M.T. se replieront jusqu’aux alentours de l’Auberge.

L’ordre a reçu un commencement d’exécution lorsque le Lt-Colonel apprend qu’une section de la 7//II/R.M.T. Qui n’a pas pu être touchée par l’ordre de repli a attaqué le carrefour à la grenade et s’en est rendue maître (Son MARET).

Le carrefour est immédiatement et solidement occupé par le 3ème escadron, le peloton d’éclaireurs et la 7/II/R.M.T.

PERTES INFLIG2ES A L4ENNEMI 5SAVERNE et carrefour des QUATRE VENTS)

300 prisonniers (dont le général de la place de Saverne)

5 canons de 88- 4 de 47- 2 de 20.

I mortier- 4 mitrailleuses quatre tubes ;

22 véhicules divers (V.L. et poids lourds).

Le P.C. est installé pour la nuit à l’auberge.

23 NOVEMBRE 1944- Le sous-groupement MINJONNET est mis à la disposition du G.T.D.

La progression vers PHALSBOURG est reprise à 08.00H. Le village des QUATRE VENTS est pris à 09.30H. et une quarantaine de prisonniers y sont faits.

Le village est occupé solidement par les éléments de tête du sous-groupement pendant que le détachement d’ALANCON est venu s’installer au carrefour des QUATRE VENTS.

10.00H.- Le Lt-Colonel MINJONNET reçoit un renseignement de civil d’après lequel PHALSBOURG serait occupé par les Américains. Le Ltn-Colonel décide de s’y rendre, escorté par une A.M. et une Jeep armée. Il est accompagné d’un officier de liaison.

Effectivement la liaison est prise à PHASLBOURG avec le Colonel Cdt la 314e R.I. (79e D.I.U.S.A.) Le sous-groupement devant revenir à SAVERNE, l’entente est réalisée entre les deux Colonels pour régler le mouvement de PHALSBOURG vers SAVERNE.

12.30H.- Le sous-groupement s’installe à SAVERNE où il doit recevoir une nouvelle mission.

Nous apprenons que le S/groupement ROUVILLOIS est entré à STRASBOURG ce matin à 10.00H.

 

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Strasbourg :

Transcription : Prise de Strasbourg, Journal de Marche du RBFM

23 NOVEMRE

La 2e Division Blindée en 5 sous-groupements doit gagner Strasbourg par 5 itinéraires différents.

Départ à 7heures. L’ordre est, en substance le suivant (au 1er arrivé : N’y eut-il qu’une chance sur 100, traverser le Rhin et créer une tête de pont en territoire allemand à Kiel).

Le Sous-Groupement Rouvillois du G.T.D. arrivera le 1er à Strasbourg vers 11 heures du matin par l’itinéraire Nord. Il se heurta à des résistances dans Strasbourg seulement et s’arrêtera face aux défenses qui pendant quelques jours laisseront aux allemands la tête de pont de Kiel.

1er PELOTON. – Avec le sous-groupement Putz par l’itinéraire Getterswiller, Willgotheim, Fessenheim, Hurtigheim et Innenheim tombent sur un entonnoir battu par les feux du Fort Kléber. Le Fort est canonné et mitraillé pendant que le génie pose une passerelle. Panza se distingue, il part en reconnaissance et capture les 3 servants d’un anti-char léger. L’Aspirant Royer se bat à la mitraillette contre les Allemands enterrés.

Enfin le Fort Kleber est dépassé, et tout le sous-groupement atteint Neudorf vers 13h30.

2e PELOTON. – Le détachement DA est chargé de jalonner les 3 itinéraires du G.T.V.

Une 1ere patrouille commandée par l’Enseigne de Vaisseau Gelinet et comprenant en plus du « Marsouin » et du « Souffleur » un peloton de reconnaissance, reconnait l’axe du sous-groupement Cantareil.

Une 2e patrouille (Aspirant Maymil et Phoque) reconnaît l’axe du sous-groupement Putz.

Le détachement entier est regroupé à Bruchwickersheim au moment où les sous-groupement le dépassent vers Strasbourg.

La patrouille de l’Aspirant Maymil pousse une pointe vers Wolsheim. Tout se passe bien au début, mais au retour 2 autos-mitrailleuses des Spahis sont allumées à bout portant par des tireurs de Bazouka. L’Aspirant Maymil et son équipe par leur sang-froid et leur cran, réussissent à dégager et à ramener cependant tout le monde.

Enfin au moment où l’Etat-Major du G.T.V. rentre à Strasbourg, 300 allemands réfugiés dans la caserne des gardes font le coup de feu avec mitrailleuses, fusils et mortiers. Il y a pas mal de pertes. Il est fait appel au « Marsouin » (Second Maître Slomski, Lamy, Provost, Nicolas, Bosche), celui-ci enfonce du 1er coup la porte de la caserne, mais n’est pas suivi par les fantassins américains chargés du nettoyage. Il recommence peu après, tire au canon et à la mitrailleuse dans la cour et est pour une grande part responsable de la reddition de la garnison allemande.

320 prisonniers dont 15 Officiers.

L’affaire nous coûte cependant 4 blessés par mortiers Gouzien, Guillet, Rouanet, Nekrouf Blaha.

Le half-track de dépannage qui n’avait rien à faire dans cette bagarre puisqu’il aurait dû être avec le sous-groupement H reçoit un obus de mortiers qui crève la batterie. Horellou et Roméo ont un peu peur, c’est tout.

Le 2e peloton passe la nuit à Strasbourg dans le quartier des gardes.

DETACHEMENT GUILLON.- Sous les ordres du Lieutenant de Vaisseau Guillon un détachement d’avant-garde du sous-groupement H est constitué comprenant : Le peloton de chars légers du sous-lieutenant Lespagnol.

Le 3e peloton de T.D. (E.V. Barnaud).

Nous suivons le sous-groupement Putz jusqu’à Ittenheim, puis nous déboitons vers le Sud, chars légers en tête. 1er arrêt à Ackenhein, le pont est marqué 16 tonnes et les T.D. en pèsent 28, 2 chars légers traversent et se mettent en protection de l’autre côté. « L’Albatros » sert de cobaye Combeau et son équipage ont le sourire car tout se passe bien et le pont de bois étale.

La colonne continue. Nous apprenons plus tard que le dernier char, averti par les civils, a cueilli sous le pont les 6 allemands qui devaient le faire sauter et qui n’ont pas eu le temps de le faire.

Tout se passe encore très bien jusqu’au village de Holtzheim. Les chars de tête sont accueillis par des mitrailleuses, mais ripostent au canon, et les 15 ou 20 allemands qui se préparaient à faire sauter le pont doivent fuir par les jardins. Ils sont presque tous abattus à la mitrailleuse. Holtzheim est traversé. Les chars de tête arrivent devant le fort Joffre. Des tireurs de Panzerfaust sont terrés tout au long de la route. Ils sont tués chacun à leur tour à coups de 37, les mitrailleuses tirent les fantassins le long de la voie de chemin de fer. Le sous-Lieutenant Lespagnol est tué dans son char, la riposte vient du fort Joffre qui est à 500 mètres. Au passage on arrête, puis on fusille un (civil) armé qui cache sur sa bicyclette un uniforme de « Front Fuhrer » et un magnifique pavillon Nazi.

Ordre est donné aux deux chars légers et aux T.D. de tête de gagner au plus vite le pont en dessous du chemin de fer et d’attendre le nettoyage du Fort. Aussitôt fait. Mais les balles sifflent drues au passage. Ce n’est pas pour inquiéter les équipages. Riot et Hervé répondent à la 12,7 à tous les départs ; Gabillard et Antoine font des liaisons à pied et en jeep avec l’arrière. Le Barbu Rivière et Cazorla continuent leur protection des chars légers.

La compagnie d’infanterie du sous-groupement est rassemblée et nettoie l’ouvrage. On y trouve une quarantaine de véhicules puis le génie appelé à l’aide se précipite au pont. Des kilos de pétards y sont entassés, des détonateurs pendent partout. Tout est désamorcé.

Cependant les chars qui observent la grand’route de Molsheim à Strasbourg qui passe à 800 mètres de là, signalent de nombreux véhicules ; des voitures légères à 80 à l’heure, des camions, enfin deux chars, la pluie qui tombe à verse a brouillé les lunettes et il est impossible de les toucher. Il faut ajouter qu’ils se dépêchent. Enfin quelques fusants venant des environs de Strasbourg tombent sur notre arrière.

Le Commandant Debray décide alors de faire dépasser l’avant-garde par un jumelage chars infanterie, le village de Lingolsheim risquant d’être tenu par ders chars (ceux que nous avons vu passer en particulier) et de l’infanterie. Lingolsheim est rapidement occupé. Les fantassins nettoient le village où quelques surprises nous attendent cependant. Gabillard, Antoine et Fékaï sont reçus à coups de mitraillette par des « civils » à l’aspect inoffensif. Enfin quelques véhicules venant de Molsheim sont reçus à bout portant à coups de canon. En particulier un autocar portant une trentaine d’hommes est stoppé en 5 mètres. Personne n’en sortira vivant.

Et la course continue. Les Sherman ont pris la tête et mènent un train d’enfer. On tue des Allemands au passage, on fait des prisonniers. On se contente pour ces derniers qui sont trop nombreux de les désarmer et de les déchausser. L’arrière-garde se chargera d’eux.

Le fort Lefèvre est canonné au passage et dépassé. On débouche enfin sur la route de Sélestat à Strasbourg laissant le Bagger See à droite. Il ne se passe rien. Mais quand la colonne est entièrement engagée un 88 se met à tirer à 500 mètres sur les voitures. Tout le monde s’arrête et on s’aperçoit qu’il y a beaucoup de monde autour de ce Bagger See. Les canons tirent, toutes les mitrailleuses crachent. Quand sans signal le feu cesse, nous voyons 150 à 200 allemands qui se lèvent sans ordre eux aussi, les bras en l’air.

On laisse des hommes et deux chars légers pour s’occuper de tout ce monde et neutraliser la batterie de 12 canons de 88 C.A. qui se trouve là. Et on continue. Nous arrivons à Strasbourg vers 15heures. L’aérodrome de Neudorf est dépassé, l’usine électrique occupée, la liaison prise avec les autres sous-groupement.

Le bilan pour le sous-groupement H est le suivant : 

Près de 800 prisonniers ; 

1 batterie de 12 canons de 88 C.A. capturée ; 

Environ 40 véhicules capturés au fort Joffre ; 

Un char détruit par le détachement Branet à l’entrée de Strasbourg ; 

Un autocar détruit ; 

8 véhicules divers détruits

Pour aborder la prise de Strasbourg et la réalisation du Serment de Koufra, il est aussi possible d’utiliser l’ordre du Jour numéro 73 :

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Berchtesgaden/ Le nid d’aigle :

Le 5 mai, la 2e DB, et particulièrement le RMT, va prendre le Nid d’Aigle, ce qui marque symboliquement la fin de leur campagne pendant le Seconde Guerre mondiale.

Il est possible d’utiliser des photographies, comme celle-ci :

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ImagesDéfense – La campagne d’Allemagne : la 2e DB à Berchtesgaden.

Nous pouvons y voir l’état de destruction du fief du nazisme, les hommes de la DB autour des ruines, et un drapeau français au sol, devant le bâtiment.

 

Enfin, l’ensemble de l’étude peut donner lieu à la réalisation d’une carte, sur le parcours de Leclerc et de ses hommes, en utilisant le fond de carte suivant. Il est possible d’y faire apparaître le parcours de Leclerc : -De la campagne de France de Philippe de Hautecloque à la rencontre avec le général De Gaulle à Londre,- l’épopée africaine et la création de la 2e DB, -le retour en Angleterre et la campagne de France.

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